Archives de Tag: munich

Une dernière video et un grand merci !

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Classé dans Demjanjuk, général, vie du blog

Actualité du procès au 14/04

statut Koenigsplatz peinture couteau

Il y a quelques semaines déjà que je n’avais parlé de l’avancement du procès Demanjuk, point de départ, pourtant, de ce blog.

C’est hier, alors que le procès était jusqu’ici marqué par le silence presque total de l’accusé face à ses accusateurs et aux différents experts s’étant succédé à la barre, que son avocat Ulrich Busch a enfin pris la parole, rapport Die Zeit.

Dans une déclaration signée de la main de son client, le défenseur à la manière dont, depuis trente ans, son sort a été ballotté entre Israël, les Etats-Unis et la Pologne, sans qu’aucun tribunal n’apporte la preuve de sa culpabilité. Pour ce procès enfin, c’est « de force » qu’il a été « déporté » pour répondre a des accusations « entièrement fausses ».

Dans une seconde partie, c’est l’Allemagne elle-même qui fut montrée du doigt : coupable de l’avoir rendu « esclave » après avoir envahi son pays et brûlé sa maison, forcé de travailler son la menace d’être tué à la moindre désobéissance, comme des milliers de ses compatriotes enrôlés comme Trawnikis . Sans d’ailleurs indiquer sil était oui ou non présent à Sobibor, Demajnjuk a donc, par la voix de son avocat, dénoncé l’ensemble de la procédure comme un acharnement, et montré le pays qui le juge aujourd’hui comme le seul coupable des atrocités commises à l’époque.

Il a enfin critiqué ses conditions de détention, dénonçant le procès comme une « torture » à l’égard d’un vieillard de 90 ans.

Si cette déclaration ne nous apprend rien de nouveau, elle renforce l’idée que la défense de Demjanjuk ne se base pas sur une contestation des faits mais une dénonciation de la forme et des conditions de l’accusation. Mettre en lumière l’acharnement judiciaire contre lui tout comme son grand âge, ainsi que pointer du doigt l’Allemagne comme seul véritable responsable équivaut à un simple mot d’ordre : ce n’est pas l’endroit, ce n’est plus le moment. Mais quel accusé prétendrait le contraire?

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Classé dans actualité, Demjanjuk, procès.

Demjanjuk au théâtre

Pièce LEs Procès Demjanjuk

Le Procès Demjanjuk, photo Markus Kaesler

Le procès du présumé gardien de Sobibor n’intéresse pas que ce blog : l’auteur Canadien Jonathan Garfinkel, qui a donné le 31 mars dernier, à Heidelberg, la première de sa pièce Les Procès Demjanjuk ne s’intéresse pas d’hier au personnage. Il fut en effet l’auteur, dès 2005, de Trials of John Demjanjuk : a Holocasut Cabaret, basée sur la mise en accusation de Demjanjuk par Israël, en 1987.

livre "The Demajnjuk Tirals : a Holocaust Cabaret"

Si le spectacle qu’a eu l’occasion de voir et d’entendre le public allemand se base cette fois sur le procès munichois, il ne s’agit que d’une version revue, actualisée de la première pièce. De quoi s’agit-il? Apparemment d’une farce, avec de nombreux interludes chantés, et un humour cruel,  clownesque, qui fait hésiter le public entre le rire libérateur et le sourire crispé. Lire la suite

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Classé dans actualité, Demjanjuk, procès.

Ces videos d’anonymes, bonnes à quoi?

drapeau allemand, Residenz München

Alors que je continue  à mettre en ligne mes interviews courtes à de jeunes allemands, il est important de faire le point sur leur utilité et leurs limites.

Une première remarque, d’abord, m’a été faite à plusieurs reprises sur le côté trop homogène des personnes interrogées : des étudiants, cela veut dire un âge tournant toujours autour de la vingtaine, et un niveau social qui, bien que variable, reste cantonné à une partie du spectre de la société allemande. Bref, la vision donnée serait partielle, et les réponses apportées insuffisantes pour avoir un tableau complet,  une idée vraie de ce que pensent, de ce que ressentent les allemands dans leur ensemble.

Je suis bien sûr d’accord avec l’idée qu’il faudrait arriver à varier plus les sources de mes témoignages anonymes. Mais étant le sujet, c’est loi d’être aussi simple. Comme vous l’avez  peut-être vu à l’occasion de ma toute première video, j’ai d’abord tenté d’aller là où je pensais rencontré les individus aux horizons les plus divers. Seulement, après quelques heures, j’ai bien dû me rendre à l’évidence : même en prenant un maximum de précautions, les gens, qu’ils aient trente ou soixante ans, ne veulent pas répondre, et encore moins en face d’une camera. Je n’en tire d’ailleurs aucune conclusion par rapport à l’objet de ce blog. Il est parfaitement compréhensible que l’on ait pas envie de parler de son pays et du nazisme, encore moins auprès d’un étranger, quand le lien est déjà rappelé sans cesse par les documentaires, les commémorations ou même les histoires familiales.

Mais c’est un fait, je n’ai pas pu approcher la « société allemande » dans son ensemble en interrogeant, sans aucune retenue, tous les profils au gré de mes déambulations dans les rues munichoises. Non, j’ai dû réfugier mon micro dans une enceinte à l’ambiance bien spécifique, un faculté où j’étais certain, dès le début, d’obtenir de meilleurs résultats. Personne là-bas, à de rarissimes exceptions près, n’a refusé de me répondre. Les couloirs de la Ludwig Maximilians Universität sont donc, jusqu’à maintenant, le seul et unique lieu de mes interviews rapides.

Pourtant, malgré cette limite claire, je ne crois pas qu’il faille réduire l’expérience : les avis que je recueille sont très divers, et ne cessent d’approfondir, d’ajouter de nouvelles couleurs au tableau que je tente de mettre au point. Bien sûr, toute idée d’exhaustivité est exclue, mais cela n’a jamais été mon ambition. Je crois de plus qu’interroger des personnes, non pas deux ou trois, mais des dizaines, à des périodes, permet d’avoir une variété de réactions suffisante pour poser sa réflexion sur des bases concrètes. Il est indéniable que même en prenant l’avis de cent, ou même de mille personnes, de resterai dans l’anecdotique, et que toute prétention de représentativité serait absurde.  Alors, à la hauteur de mes moyens, j’écoute les réactions et considère qu’elles font toutes, au même titre, partie de l’image contrastée qu’a l’Allemagne d’elle-même.

De ces videos, je ne tire pas de conclusions encore. Pas de billet qui les reprennent toutes, pas maintenant : ça n’empêche qu’elles sont l’un des piliers de ce blog. J’ai besoin d’entendre des allemands parler d’eux pour ne pas tomber dans l’analyse théorique, dans une réflexion qui n’aurait rien à voir avec la réalité. Ils sont, bien plus que les entretiens avec des spécialistes de l’histoire allemande, mon lien avec ce qui est vraiment. Avec mes questions rapides, j’essaie de m’adresser au moins autant à leurs émotions qu’à leur capacité de réflexion. Difficile de faire le tri d’ailleurs, d’autant qu’il ne faut pas le faire : la manière dont ils prennent le temps ou non de réfléchir à mes questions est déjà un élément intéressant!

Les prochaines interviews courtes que je réaliserai seront sans doute centrées sur un thème un peu différent : je veux aborder la relation des allemands au passé nazi par l’angle de la vision actuelle qu’ils ont de leur pays, et j’ai d’ailleurs l’espoir qu’en m’y prenant bien, j’arrive cette fois à accrocher au bout de ma caméra d’autres profils que ceux des étudiants de la LMU.

Comme à chaque fois, je ne sais pas où ce mouvement me mènera, ni même s’il peut me conduire quelque part, mais j’ai hâte de vous le raconter.

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Markus et Melanie – réactions croisées

Voici la suite des entretiens que j’ai eu dans les couloirs de l’Université Ludwig-Maximilians il y a quelques semaines.  J’ai trouvé intéressant de mettre les réactions à mes trois questions en parallèle. Dans ce qu’elles ont de similaire, les réponses qui sont les leurs illustrent bien ce que j’ai déjà qualifié de « désintérêt » par rapport au sujet, qu’on pourrait aussi interpréter comme un trop-plein. Mais les différences sont elles aussi largement représentatives d’un certain spectre de réactions; l’un veut qu’on en finisse avec le rappel permanent du nazisme, quand l’autre veut qu’on l’actualise. En somme, si rien ne les sépare sur le fond, ils incarnent à tous deux un bon éventail des réponses les plus courantes.

Si certains peuvent douter de l’intérêt de faire des interviews aussi courtes sur un sujet aussi lourd, je leur recommande d’être partculièrement attentif au lapsus que fait Melanie à la suite de la deuxième question…

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3 questions à Ferdosh, étudiant

Aujourd’hui, et suite à l’immense demande populaire, je recommence la mise en ligne de quelques interviews courtes faites à l’Université Ludwig-Maximilian de Munich.

C’est donc Ferdosh, 23 ans, qui inaugure la nouvelle série. Comme les fois précédentes, les questions sont simples, et visent à amener des réactions rapides, presques instinctives, plus qu’un discours trop réfléchi, qui perdrait à mon avis en authenticité.

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Une balade à Königsplatz

façade temple königsplatz

Avec le retour des beaux jours et les encouragements d’un franc soleil, Munich connaît depuis une semaine un brusque réveil. Plus de grandes artères sans touristes, de places sans étudiants, de jardins sans promeneurs…j’ai pris moi aussi ma part dans cette joyeuse pagaille, pour m’intéresser un peu à l’un des endroits les plus singuliers de la capitale bavaroise : Königsplatz. Lire la suite

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Classé dans actualité, histoire