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Post Scriptum : Demjanjuk condamné

Demjanjuk

ça y est…presque. Le tribunal de Munich vient de condamner, après un an et demi de procès, John Demjanjuk à une peine de cinq ans de prison. Il aura donc été finalement reconnu coupable d’avoir « participé » à l’élimination de 27900 prisonniers alors qu’il était gardien au camp de Sobibor, de mars à septembre 1943.

Point final? Pas vraiment : le vieil homme vient de faire appel. Deux conséquences à cela : il reviendra devant la cour, et il est libre. Le voilà donc résident de la banlieue de Munich. Avec beaucoup, beaucoup de mauvais goût, j’aurais pu lui suggérer d’éviter un certain arrêt du nord de la ligne de S-Bahn…mais plus sérieusement,voici la deuxième fin de ce petit blog.

La peine infligée est à peu près conforme au réquisitoire du procureur, qui réclamait six années derrière les barreaux. A 91 ans, Demjanjuk n’est pas un symbole, et ne restera probablement pas un souvenir longtemps. Il est le marque, en revanche, de ce qui m’a tant frappé au long de ce blog : en jugeant un criminel de guerre étranger, l’Allemagne s’est placé au sommet de ce fameux « devoir de mémoire » dont on parle tant. Assumer les crimes de son pays, ce serait aussi faire face à la portée universelle des exactions commises, quitte alors à prendre la relève de tribunaux étrangers. La grande leçon du XXe siècle? Disons plutôt l’une d’entre elles!

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Lena, Özil, Wulff

Depuis un mois déjà, un étrange ferveur semble s’être emparée de nos cousins Germains. Rien de très original vu d’ailleurs, mais du point de vue des allemands eux-mêmes, il y a des signes qui ne trompent pas. De manière répétée,  les signes du changement ont fait leur apparition avec force cris, larmes, embrassades. Il y a comme un goût d’exaltation nationale dans l’air, et tout a commencé avec la cérémonie télévisuelle la plus ringarde d’Europe.

Léna, 19 ans, un gentil sourire et une chanson dont je ne peux plus entendre les premières notes sans hurler à la mort, a mis le 31 mai dernier l’Allemagne en transe en remportant le concours tant moqué de l’eurovision. Une joie nationale difficilement imaginable pour des français qui, depuis la trop fameuse Marie Myriam, ont classé le show européen comme expression la plus décomplexé du kitsch  et de la world-music, ne pouvant être regardé ou commenté que sous le prétexte d’une ironie ou d’un second degré de chaque instant. Il n’en était rien ce soir là, côté allemand : tous attendaient avec angoisse les votes slovaques, turques ou danois en faveur de leur championne. L’héroïne de la soirée, gagnante quelques semaines auparavant d’un « popstar » destiné à dénicher le candidat allemand pour l’édition 2010 du concours tant attendu, a donc réuni ses compatriotes dans un grand mouvement de fierté, qui ne s’est essouflé que pour laisser place au Nationalelf.

drapeau allemand

Enfin, le refrain de la victorieuse chanson Satellite s’est perdu dans les échos des klaxons de supporters et des commentateurs sportifs. L’engouement est général, et l’équipe plutôt très bonne; notons au passage que l’émergence du joueur d’origine Turque Özil donne aux journalistes et à l’opinion les mêmes idées sur l’équipe allemande que les français en 98 : au-delà de l’enjeu sportif, on célèbre la Nationalmannschaft comme le reflet d’un pays qui intègre ses minorités. Tout ce côté joyeusement irrationnel des grands événements sportifs se double donc d’un émerveillement face à la solidarité d’un pays uni derrière son équipe, heureux de fêter ses nouveaux héros. Comme la France lorsqu’elle gagnait, il faut voir aujourd’hui les rues munichoises bondées après les matches, les concerts de klaxons et les supporters peinturlurés : c’est une ferveur connue, mais ici elle étonne.

Les drapeaux, surtout : ils sont partout. Aux balcons, aux voitures, dans les bureaux ou sur les visages, les trois couleurs éclatent comme jamais depuis cinquante ans. Comme avec Léna, il semble que les Allemands vibrent d’autant plus qu’ils ne pouvaient pas, qu’ils ne se sentaient pas autorisés à le faire de la sorte jusqu’à très peu de temps auparavant. Il a cinq ans, m’a-t-on dit, un tel spectacle, un tel déferlement de symboles nationaux était incongru, voire inconcevable. C’est dire si l’Allemagne change vite. Bien sûr, ici l’on ne va pas jusqu’à chanter l’hymne lorsqu’il retentit dans les stades sud-africains. Etant donné son histoire (les deux premiers couplets ont été gommé après 45,  en particulier le célèbre « Deutschland Über Alles »), il s’agit là d’un pas que les supporters occasionnels ne peuvent encore franchir, même si les plus grands fans, ceux qui ont fait le déplacement pour aller applaudir leur équipe dans les stades, l’entonnent à pleins poumons. Mais tout de même, le changement est de taille, d’autant plus sans doute que les allemands semblent trouver une joie particulière à secouer, comme le font tous les pays mobilisés derrière un événement sportif, leur étendard alors que leurs parents ne l’auraient pas fait.

A cette occasion, l’analyse du docteur Frei sur la génération actuellement au pouvoir et son désir d’affirmation nationale me semble particulièrement frappante : ce regain de fierté populaire se combine en effet avec une action politique à l’extérieur sans équivalent depuis la fin de la seconde guerre mondiale. L’Allemagne récupère ses outils nationaux, et les Allemands leur confiance. Non pas en l’avenir, non plus en leur gouvernement, même pas dans leur culture nationale, mais seulement dans l’idée que les symboles nationaux peuvent être brandis sans évoquer le nazisme.

Terminons par une anecdote, dans une élection passée bien inaperçue ailleurs qu’outre-Rhin, faute sans doute d’y voir une réelle importance : le nouveau président de la République Fédérale Allemande, Christian Wulff, a été  désigné avant-hier par un collège de grands électeurs à la suite de la surprenante démission de son prédécesseur. L’assemblée, à l’annonce de son choix, l’a chaleureusement applaudi, avant de se lever. Pour chanter, presque en choeur, l’hymne national. Il y a du nouveau chez nos voisins.

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Un entretien avec le docteur Pohl #4 : Et maintenant? Et ensuite?

Cette partie de l’interview est une tentation, toujours un peu absurde, de faire de la prospective, pour ne pas dire de la divination. Et si un jour l’Allemagne dépassait la tandem culpabilité/victimisation? Le Docteur Pohl n’est pas particulièrement optimiste; pire, d’après lui l’holocauste est devenu une pierre fondatrice dans l’Histoire commune que l’Europe se découvre…les liens émotionnels ne sont pas prêts alors de s’affadir.

Une petite remarque avant l’extrait : je trouve particulièrement intéressant qu’il fasse référence, dans sa réponse, à un discours « universel » Lire la suite

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