Archives de Catégorie: interview

Le dernier jugement sur RFI !

Logo Atelier des Medias

Hier, fut une journée rude pour le parquet de l’appartement comme pour mes ongles : à midi plus quelques minutes, Ziad Maalouf et son copilote Cédric Maloudji, animateurs de la web-émission Mondoblog, m’ont appelé pour une petite causerie à propos du pourquoi du blog et de ses conclusions. Ma manie de faire les cent pas au téléphone ne sortira pas guérie de cet entretien, et mon ego sur-dimensionné non plus. Merci infiniment à tous les deux, et merci à vous qui me lisez.

Ecouter l’émission en intégralité (11 minutes)

La page de l’émission

2 Commentaires

Classé dans actualité, interview, vie du blog

Ces videos d’anonymes, bonnes à quoi?

drapeau allemand, Residenz München

Alors que je continue  à mettre en ligne mes interviews courtes à de jeunes allemands, il est important de faire le point sur leur utilité et leurs limites.

Une première remarque, d’abord, m’a été faite à plusieurs reprises sur le côté trop homogène des personnes interrogées : des étudiants, cela veut dire un âge tournant toujours autour de la vingtaine, et un niveau social qui, bien que variable, reste cantonné à une partie du spectre de la société allemande. Bref, la vision donnée serait partielle, et les réponses apportées insuffisantes pour avoir un tableau complet,  une idée vraie de ce que pensent, de ce que ressentent les allemands dans leur ensemble.

Je suis bien sûr d’accord avec l’idée qu’il faudrait arriver à varier plus les sources de mes témoignages anonymes. Mais étant le sujet, c’est loi d’être aussi simple. Comme vous l’avez  peut-être vu à l’occasion de ma toute première video, j’ai d’abord tenté d’aller là où je pensais rencontré les individus aux horizons les plus divers. Seulement, après quelques heures, j’ai bien dû me rendre à l’évidence : même en prenant un maximum de précautions, les gens, qu’ils aient trente ou soixante ans, ne veulent pas répondre, et encore moins en face d’une camera. Je n’en tire d’ailleurs aucune conclusion par rapport à l’objet de ce blog. Il est parfaitement compréhensible que l’on ait pas envie de parler de son pays et du nazisme, encore moins auprès d’un étranger, quand le lien est déjà rappelé sans cesse par les documentaires, les commémorations ou même les histoires familiales.

Mais c’est un fait, je n’ai pas pu approcher la « société allemande » dans son ensemble en interrogeant, sans aucune retenue, tous les profils au gré de mes déambulations dans les rues munichoises. Non, j’ai dû réfugier mon micro dans une enceinte à l’ambiance bien spécifique, un faculté où j’étais certain, dès le début, d’obtenir de meilleurs résultats. Personne là-bas, à de rarissimes exceptions près, n’a refusé de me répondre. Les couloirs de la Ludwig Maximilians Universität sont donc, jusqu’à maintenant, le seul et unique lieu de mes interviews rapides.

Pourtant, malgré cette limite claire, je ne crois pas qu’il faille réduire l’expérience : les avis que je recueille sont très divers, et ne cessent d’approfondir, d’ajouter de nouvelles couleurs au tableau que je tente de mettre au point. Bien sûr, toute idée d’exhaustivité est exclue, mais cela n’a jamais été mon ambition. Je crois de plus qu’interroger des personnes, non pas deux ou trois, mais des dizaines, à des périodes, permet d’avoir une variété de réactions suffisante pour poser sa réflexion sur des bases concrètes. Il est indéniable que même en prenant l’avis de cent, ou même de mille personnes, de resterai dans l’anecdotique, et que toute prétention de représentativité serait absurde.  Alors, à la hauteur de mes moyens, j’écoute les réactions et considère qu’elles font toutes, au même titre, partie de l’image contrastée qu’a l’Allemagne d’elle-même.

De ces videos, je ne tire pas de conclusions encore. Pas de billet qui les reprennent toutes, pas maintenant : ça n’empêche qu’elles sont l’un des piliers de ce blog. J’ai besoin d’entendre des allemands parler d’eux pour ne pas tomber dans l’analyse théorique, dans une réflexion qui n’aurait rien à voir avec la réalité. Ils sont, bien plus que les entretiens avec des spécialistes de l’histoire allemande, mon lien avec ce qui est vraiment. Avec mes questions rapides, j’essaie de m’adresser au moins autant à leurs émotions qu’à leur capacité de réflexion. Difficile de faire le tri d’ailleurs, d’autant qu’il ne faut pas le faire : la manière dont ils prennent le temps ou non de réfléchir à mes questions est déjà un élément intéressant!

Les prochaines interviews courtes que je réaliserai seront sans doute centrées sur un thème un peu différent : je veux aborder la relation des allemands au passé nazi par l’angle de la vision actuelle qu’ils ont de leur pays, et j’ai d’ailleurs l’espoir qu’en m’y prenant bien, j’arrive cette fois à accrocher au bout de ma caméra d’autres profils que ceux des étudiants de la LMU.

Comme à chaque fois, je ne sais pas où ce mouvement me mènera, ni même s’il peut me conduire quelque part, mais j’ai hâte de vous le raconter.

2 Commentaires

Classé dans interview, vie du blog

Markus et Melanie – réactions croisées

Voici la suite des entretiens que j’ai eu dans les couloirs de l’Université Ludwig-Maximilians il y a quelques semaines.  J’ai trouvé intéressant de mettre les réactions à mes trois questions en parallèle. Dans ce qu’elles ont de similaire, les réponses qui sont les leurs illustrent bien ce que j’ai déjà qualifié de « désintérêt » par rapport au sujet, qu’on pourrait aussi interpréter comme un trop-plein. Mais les différences sont elles aussi largement représentatives d’un certain spectre de réactions; l’un veut qu’on en finisse avec le rappel permanent du nazisme, quand l’autre veut qu’on l’actualise. En somme, si rien ne les sépare sur le fond, ils incarnent à tous deux un bon éventail des réponses les plus courantes.

Si certains peuvent douter de l’intérêt de faire des interviews aussi courtes sur un sujet aussi lourd, je leur recommande d’être partculièrement attentif au lapsus que fait Melanie à la suite de la deuxième question…

Poster un commentaire

Classé dans interview

3 questions à Ferdosh, étudiant

Aujourd’hui, et suite à l’immense demande populaire, je recommence la mise en ligne de quelques interviews courtes faites à l’Université Ludwig-Maximilian de Munich.

C’est donc Ferdosh, 23 ans, qui inaugure la nouvelle série. Comme les fois précédentes, les questions sont simples, et visent à amener des réactions rapides, presques instinctives, plus qu’un discours trop réfléchi, qui perdrait à mon avis en authenticité.

Poster un commentaire

Classé dans interview, procès.

Un entretien avec le docteur Pohl #3 : se réapproprier les symboles nationaux

Croix symbole armée allemande

Symbole de la Bundeswehr au XXie siècle.

Pensez-vous que les Allemands d’auourd’hui aient une plus grande liberté dans l’utilisation des symboles nationaux?

« Eh bien, je dirais que cette tendance existe : en fait, cela a été particulièrement visible quand nous avons gagné la coupe du monde de football en 1990, soutenu l’équipe allemande, et c’était là une chose qui n’aurait pas été possible dans les années 80. Mais je pense qu’il s’agit là plutôt d’une forme de « patriotisme culturel », qui tend effectivement à se normaliser. Je ne crois pas d’ailleurs qu’il y ait un véritable conflit ici, parce qu’il y a d’un côté le Vergangenheitbewältigung [devoir de mémoire] qui fait consensus, et une base plus solide, d’un autre côté, qui permet d’emprunter ce que j’appellerais le chemin européen normal; et ça ne concerne pas seulement l’utilisation de symboles, mais aussi des actes comme l’envoi de soldats allemands à l’étranger. Lire la suite

Poster un commentaire

Classé dans histoire, interview

Un entretien avec le docteur Pohl #2 : culpabilité ou victimisation?

Pour le Professeur Norbert Frei, le problème de la mémoire allemande du nazisme, et les débats qui peuvent en résulter au sein de la société allemande, viennent du fait que jusqu’à maintenant, celle-ci n’aurait pas réussi à arrêter le « mouvement pendulaire » entre deux extrêmes : celui de la victimisation et le sentiment de culpabilité.

Partagez-vous, dans votre approche de l’Allemagne depuis 1945, ce point de vue?

Encore une fois, c’est effectivement un des éléments d’explication. Bien sûr, durant les années 50, le discours de victimisation prévalait, aucun doute à ce sujet, et il a décru seulement en partie dans les années 60, puis encore dans les années 80, mais je ne pense pas que l’on puisse vraiment l’interpréter comme un véritable mouvement qui irait d’un côté à l’autre … je crois que c’est beaucoup plus complexe. Une chose, qui est très importante, est bien sûr la chute du communisme dans les années 90, qui a rendu les choses beaucoup plus difficiles parce qu’il existait dorénavant plusieurs type de victimisation, différentes opinions sur le stalinisme en tant que régime criminel.

Lire la suite

2 Commentaires

Classé dans interview

Un entretien avec le Docteur Pohl #1- La jeunesse actuelle face au nazisme

Comme je l’ai évoqué dans mon précédent billet, j’ai eu la chance d’interviewer l’un des experts présents au procès Demjanjuk, le Docteur Dieter Pohl. C’est encore à l’Institut d’Histoire contemporaine de Munich que je me suis donc rendu, armé seulement de mon magnétophone et de ma liste de questions.

Sur les thème de l’évolution de l’attitude allemande face au souvenir du nazisme, mais aussi des moyens actuels d’y faire face, l’homme a été à la fois clair et savant. Un entretien qu’il nous faudra méditer, digérer sur ce blog, afin d’approcher d’un peu plus près une photographie de l’Allemagne à l’heure du dernier procès nazi. A ce propos, l’unique restriction de cet entretien portait sur le procès lui-même : en tant qu’expert à la cour, il lui était formellement interdit de m’en parler tant que le verdict n’est pas rendu. Un second rendez-vous pourrait s’imposer…

Voici en tous cas la première question de notre entretien, qui en compte une dizaine. Lire la suite

Poster un commentaire

Classé dans interview, procès.