Retour à l’école

LMU fontaine de nuit

Depuis quelques jours, me voilà en contact avec plusieurs écoles (d’enseignement secondaire) du quartier, pour pouvoir enfin m’intéresser de près à l’éducation que reçoivent les jeunes allemands. Il est primordial que j’arrive à avoir une vue, même parcellaire, de la manière dont ils voient leur histoire, et la façon dont elle leur est présentée.

Ce blog en est arrivé à un point où il me faut réfléchir à la ligne d’arrivée. Existe-t-elle d’abord? Sans doute, mais c’est à moi de la dessiner. J’ai aujourd’hui une vision plus claire, en tous cas plus complète, de la relation des Allemands au passé nazi, mais je n’ai pas fait de synthèse, je n’ai pas tracé, entre les témoignages et les analyses, de ligne qui puisse tous les relier. Non qu’il n’y ait pas de cohérence entre ce que j’ai lu, entendu ou compris : mais résumer ce que j’ai toujours voulu être une photographie, un déchiffrage, serait absurde.

Pourtant il faut bien donner à ce que j’ai fait jusqu’ici une apparence de logique, ne serait-ce que pour ne pas perdre de vue les thèmes qui m’obsèdent. Reprenons : tout est parti d’un événement, le procès Demjanjuk, et d’une question. Quel rapport les Allemands d’aujourd’hui ont-ils à ces 12 années de nazisme, et l’ont-ils « normalisé » au point d’en faire un pan de l’Histoire comme un autre? J’avais en tête que le dernier procès nazi pouvait bien être l’occasion de tourner une page. Rien, absolument rien dans mes interviews et mes lectures ne semble le démontrer. Quant à parler d’une relation normale, d’un fait d’Histoire dépassionné, tout ou presque dans ce blog démontre le contraire.

Les Allemands sont pris encore par l’écho du nazisme et ses conséquences, parce qu’ils y sont confrontés tous les jours. Il y a eu en Allemagne, au milieu du XXe siècle, un moment suffisamment inouï, suffisamment fort en terme d’implications de toute la société et de son patrimoine, pour qu’il soit vain d’attendre aujourd’hui un rapport dépassionné. Faut-il d’ailleurs l’espérer? Dans une certaine mesure, sans doute. Comme je l’ai écrit dans un billet récent, je crois avoir compris que le problème principal des générations qui n’ont pas connu la guerre est l’empreinte du nazisme sur toutes les autres périodes historiques, mais aussi dans tous les domaines. C’est nettoyer qu’il faut, mais sans oublier. Faire la part la plus précise des choses, et accepter que si le nazisme a un jour tout perverti, une fois l’idéologie rejetée on peut encore s’appuyer sur ce que la société a construit. C’est, depuis 1945, ce que l’Allemagne a fait dans un effort unique pour exister à nouveau. Mais aujourd’hui encore, toutes ces salissures ne sont pas parties, et j’incline à penser que la pédagogie faite autour du IIIe Reich n’aide pas forcément à faire tomber les derniers tabous.

Mais cela, je le verrai de beaucoup plus près quand j’aurais décroché mes prochains entretiens.

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Classé dans histoire, vie du blog

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