Sur Sophie Scholl et l’université de Munich

Un rapide billet que je m’étais promis d’écrire dès les premières interviews, réalisées dans la fac Ludwig-Maximilians de Munich : Sophie Scholl est partout. Dans le hall, au premier étage, en buste, en pied…et ce n’est pas fini : le « mémorial Sophie Scholl » se trouve au coeur même de l’université, au détour d’un des couloirs du rez-de-chaussée.

buste Sophie Scholl

Qui est-elle, la sainte patronne de ce lieux? Si ce nom ne vous évoque rien, mieux encore que la notice wikipédia ou que les quelques lignes vont suivre, jetez un oeil sur le récent film de Marc Rothemund. Résistante allemande, pilier, avec son frère Hans, du fameux réseau de la Rose blanche, son histoire est effectivement intimement liée à celle de la faculté de Munich. C’est là-bas qu’elle étudie, là encore qu’elle lance des tracts appelant à la chute du IIIe Reich, là qu’elle sera arrêtée par la Gestapo. Avant d’être guillotinée, quatre jours plus tard.

plaque sophie scholl

Sophie Scholl est donc au Panthéon de la résistance allemande, et une figure de proue de l’engagement de la jeunesse face à la tyrannie et au totalitarisme. L’importance de ce court éclaircissement est dans l’influence que cela peut avoir sur l’expérience qui est en ce moment la mienne : déambuler dans une faculté pour y interroger anonymement des étudiants est une chose; mais quand l’endroit est à ce point marquée par une figure de la résistance, les mots que l’on prononce ne peuvent pas, je crois, être tout à fait les même.

entrée mémorial

S’interroger sur la possibilité d’une mémoire dépassionnée est aussi comprendre ce qui, dans l’espace public, représente une certaine vision des choses. Cette évocation permanente de Sophie Scholl, voulue par la RDA dès le lendemain de la guerre est message, un avertissement aussi, adressée aux jeunes. Mais avant même l’exemple de cette jeune femme, il s’agit surtout du rappel permanent d’une histoire tragique. Cette volonté est un élément à garder en tête lorsqu’on l’on interroge les étudiants munichois, où que l’on réfléchit à leur relation avec le passé.

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Classé dans histoire, interview

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